Exposé sur Melanie Klein - CLI2 

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Mélanie Klein – Les racines infantiles du monde adulte.

Plan succint :

Introduction / Position Schizo paranoïde / Position dépressive / Elargissement à l’adulte / Rappels de définition / Conclusion

 Introduction

Le but de l'article est de présenter les conclusions de M.K. en ce qui concerne la vie affective du jeune enfant.

Freud a découvert que dans la relation à l’analyste, certains traits infantiles apparaissent chez l’adulte. (p98), mais il n’a pas étudié le nourrisson et son fonctionnement psychique dès l’origine. Il faut souligner qu’à cette époque, l'enfance était considérée comme une époque « dorée », exempte de problèmes.

Pourquoi Freud n'a-t-il pas étudié les enfants ? D’une part parce qu’il n’en avait pas l’occasion, et sans doute aussi parce que pour Freud, il y a une grosse difficulté à atteindre l’inconscient des enfants, parce qu’ils n’ont pas ou peu accès à la représentation verbale, et ne peuvent donc pas faire d’associations. Et enfin parce que pour lui la situation transférentielle était une condition sine qua non dans l'analyse et il pensait qu'il était impraticable de réussir ce transfert avec des enfants.

Mélanie Klein s’intéresse quant à elle à l’enfant, et pour cela elle va s’intéresser à ce qui est déjà refoulé chez un enfant de 3-4 ans : sa vie de nourrisson. (Les termes choisis sont ici importants). Elle insiste sur les tendances fondamentales existantes chez le nourrisson et les différentes difficultés présentées comme: colère, peur, phobies, incapacité de supporter les frustrations, etc.

Elle va donc tenter d’analyser des jeunes enfants de 3-4 ans, et essayer de reconstituer leur vie intérieure, psychique et inconsciente. Elle observe également qu'à partir de la naissance le Moi est déjà constitué et fonctionne.

Elle reprend ainsi la démarche de Freud, qu’elle va étendre au champ des enfants, créant ainsi son propre système théorique.
Sa théorie se trouve structurée sur deux concepts: Celui de la position schizo-paranoïde qui combat de façon illusoire mais violente, toutes sortes de pertes, et celui de la position dépressive, qui en prend réellement acte et qui accepte la séparation mais sans la surmonter immédiatemment. Ces deux positions se réfèrent aux pertes, au travail de deuil et la réparation consécutive des deux objets psychique partiels et primordiaux à partir desquels tous les autres sont que les substituts métonymiques : ces deux objets sont le sein et le pénis.

Comment va-t-elle s’y prendre pour atteindre l’inconscient de l’enfant ?

Mélanie Klein, comme d’autres contemporaines (et Anna Freud) va utiliser la technique du jeu, un mode d’expression naturel et privilégié chez l’enfant. Grâce à cette technique, elle va découvrir l’importance des émotions et des fantasmes inconscients de la vie psychique de l’enfant. Elle prête une grande attention au transfert dans la technique du jeu. Pour Mélanie Klein les objets internes proviennent des fantasmes inconscients qui sont les médiateurs des relations avec les objets externes. Les processus de l'introjection et de la projection aident l'interaction entre les facteurs internes et les facteurs externes et sont donc considérés comme fantasmes inconscients.

Ces termes d’émotion et de fantasme sont particulièrement importants, puisque c’est à partir de son travail analytique qu’elle décrira la vie émotionnelle du bébé. Elle se servira donc peu de l’observation directe, (sans pour autant l’exclure évidemment) et va surtout s’intéresser à la vie fantasmatique de l’enfant.

La partie principale de son texte explique les conclusions auxquelles elle est parvenue.

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On sait d’après les travaux de Spitz que le nourrisson n’a pas seulement besoin d’être nourri, mais il a besoin d’être aimé et compris par la mère. Ainsi, le sentiment d'être compris établit la première relation fondamentale de la vie du nourrisson.

Qu’entend t-on par « compris » dans ce cas ?

Le nourrisson a des besoins primaires, dont une capacité d’amour, qu’il a besoin de communiquer à sa mère. La mère, quant à elle, exprime son amour et sa compréhension par la façon dont elle s’occupe de son bébé. Elle répond aux besoins primaires, pas seulement parce qu'elle l'aime, mais parce qu'elle s'occupe de lui, et cela avec amour. L'objet de son amour qui est l'enfant, est un objet investi de façon libidinale.

Malheureusement, la mère n’est pas toujours en harmonie avec son enfant, et celui-ci vit des frustrations, du malaise, et de la douleur. Tout malaise qu’il a est ressenti comme venant de forces hostiles (ce qu’on peut appeler le mauvais sein), et au contraire tout bien-être est perçu comme venant de forces bienfaisantes (le bon sein). Mais la mère est pour le nourrisson la totalité de son monde extérieur, tant le bon que le mauvais semblent venir d'elle. La capacité d'amour et le sentiment de persécution sont profondément enracinés dans son processus psychique.

Psychiquement, le nourrisson vit cela comme une agression, une forme de persécution, qui se mêle à ses sentiments d’amour fusionnel à l’égard de sa mère, et l’ensemble de ces deux affects crée une ambivalence. Mélanie Klein s'appuie sur la deuxième topique de Freud, théorie de l'appareil psychique que l'on trouve en détail dans « Les nouvelles conférences d'introduction à la psychanalyse ».

Dit autrement, il s’agit d’un conflit interne au Moi, un conflit entre la pulsion de vie et la pulsion de mort. L’enfant ressent plusieurs affects qui accompagnent ses pulsions destructives :

- la rancune due à la frustration
- la haine créée par cette rancune
- l’incapacité à se résigner
- l’envie de l’objet omnipotent, c’est-à-dire de la mère dont dépendent vie et bien-être.

Tous ces affects ou émotions créent une angoisse de persécution prédominante, qui est à l’origine de la Position schizo-paranoïde, qui dure les 3-4 premiers mois de la vie :

La position schizo-paranoïde :

Elle intervient à la toute première phase du développement. Elle se caractérise par la relation à des objets partiels, par la prédominance du clivage du moi et de l'objet et par une angoisse paranoïde.




Q. Pourquoi qualifie t-on cette angoisse de « paranoïde » ?

Parce que Mélanie Klein, au début de son œuvre, est stupéfaite de voir le niveau de violence qui se manifeste dans le jeu des enfants, et elle se rend compte que les états d’angoisse qu’elle découvre chez eux sont liés à une peur de cette violence.

Le sentiment de représailles imminentes affectait beaucoup l’enfant, et elle crut qu’il s’agissait là d’un état de persécution qui n’était autre que la paranoïa des patients psychotiques.

Q. D’où vient ce terme de schizo-paranoïde ?

Cette position traduit le type de relation des 4 premiers mois caractérisé par les pulsions sexuelles et les pulsions agressives à l'égard d'un objet vécu comme partiel et clivé en "bien" et " mauvais". Dans cette position l'angoisse provient de la crainte de que l'objet persécuteur pénètre dans le moi et détruit l'objet idéal et le self.

Deux mécanismes psychiques sont dominants dans cette phase: L'introjection et la projection. 

Lorsque M.K découvrit que le niveau de sadisme et la peur de représailles inhibaient le jeu, la symbolisation, et d’autres formes de développement intellectuel chez l’enfant, elle associa cela au trouble de la pensée des patients schizophrènes. Elle fit remonter cette peur de la violence et de la persécution aux premiers mois de la vie en analysant les peurs nocturnes d’enfants dont les symptômes avaient commencé dans les premiers mois de leur vie, et confirma qu’Abraham et Freud avaient raison d’inférer que les points de fixation des psychoses se trouvent dans les phases prégénitales très précoces. Par la suite, en 1946, (dans son article Notes sur quelques mécanismes schizoïdes) elle situe la persécution, dans le contexte de la position schizo-paranoïde, comme une crainte d’annihilation, mais précise que tout au long de la vie les individus reviennent constamment, dans certaines circonstances, à ces angoisses de persécution.

Exemple de retour à l’angoisse de persécution
Notion d’Introjection / Projection

Pour que le passage de la position schizo-paranoïde à la position dépressive s'effectue normalement, soit sans troubles excessifs, il faut que les bonnes expériences l'aient emporté sur les mauvaises. Si le moi a acquis une conscience suffisante en sa bonté, - et ceci suite à des facteurs aussi bien externes qu'internes - il pourra, en intégrant ses objets, s'intégrer lui-même ; les mécanismes de clivage et de projection perdront leur caractère urgent et dramatique ; les bonnes qualités de l'objet et du moi seront reconnues, de même que s'établira progressivment une saisie de l'objet dans sa totalité - à la fois bon et mauvais. Enfin , par la diminution des mécanismes de projection, la différentiation croissante entre ce qui est soi et ce qui est extérieur à soi, s'établira de façon stable.

Le passage de la position dépressive à la position schizo-paranoïde

Si les conditions du développement sont favorables (mère présente, aimante, et répondant à ses désirs), le nourrisson sent de plus en plus que

La position dépressive :

C’est une angoisse de perte d’objet, qui succède à la position schizo-paranoïde vers 6-8 mois, atteignant son paroxysme à ce moment, et qui décline ensuite progressivement durant la fin de la première année.
Le petit enfant « réalise que son amour et sa haine sont tous les deux dirigés vers le même objet – la mère – et il se rend compte de son ambivalence ; il se soucie de la protéger contre sa haine et de réparer les dommages que sa haine a creusés. »
Ce concept de position apparaît plus comme un concept structural que chronologique.

Le terme de « position » renvoie à une organisation du Moi, et décrit des phénomènes conjoints :
- Le Moi passe de l’état désorganisé à l’état organisé, c’est-à-dire à une forme d’unicité.
- Les relations d’objets qui sont partielles au début deviennent totales (intégration des affects en une personne unifiée qui reconnaît l’autre comme un objet total)
- L’angoisse évolue : elle est d’abord paranoïde, puis devient dépressive
- Des défenses spécifiques se mettent en place

Toutes ces étapes sont normales et nécessaires à l’évolution de tout enfant.

Le processus qui permet de dépasser la position dépressive s'appelle la translaboration : il s'agit d'une élaboration psychique particulière, un ensemble de processus qui permettent de résoudre et de dépasser certaines positions affectives de la prime enfance, comme la position dépressive. On peut considérer ce processus comme un remaniement des affects et des relations d'objet qui amènent la réduction du clivage intra-psychique et qui favorisent l'intégration du Moi.
Il faut enfin signaler la parenté de ce processus avec celui de la perlaboration, qui est le travail psychique que fait le sujet au cours de l'analyse, travail qui ne peut être effectué que grâce à la participation de l'analyste.

Le passage à l’âge adulte : les conséquences (2ème partie du texte, p.108)

Il faut noter que ces deux positions sont des moments successifs du développement, mais que la notion de position implique aussi la possibilité d’y revenir plus tard par régression, notamment au cours de la cure.

M.K explique que « les angoisses dépressives et persécutives neseront jamais totalement surmontées, et qu'elles peuvent ressurgir sous l'effet d'une tension externe ou interne, bien qu'un individu relativement normal puisse faire face à cette résurgence et retrouver son équilibre ».

Quelques idées importantes :

  1. L'introjection du bon et du mauvais objet se répète tout au long de la vie. (p108)

  2. L'impact de nos pulsions destructives et de nos angoisses persécutives est important (p109)

  3. Education : faut-il être sévère ? ou plutôt indulgent ? La juste mesure se trouve dans l'équilibre entre l'excès et le manque de rigueur.

  4. Méfiance et sympathie : le poids des projections négatives et positives (p111)

  5. L'impact des premières attitudes lors du développement ultérieur est important (p111)

  6. La culpabilité joue un rôle important dans le désir de réparation

  7. L'intérêt de l'identification à différents âges de la vie.

  8. L'avidité joue un rôle dans la formation du caractère chez l'enfant, et cela a ses conséquences auprès de l'adulte.



Définitions :

Angoisse : Elle est considérée comme la réponse du moi à l'action de la pulsion de mort.(C’est un état d’affect, une réunion de sensations déterminées de la série plaisir-déplaisir avec les innervations de décharge qui leurs correspondent, ainsi que la perception de ces dernières).

Il existe deux trois sortes d’angoisse : « de persécution », « de morcellement », et angoisse de castration (Lorsque la pulsion de mort est déviée, l'angoisse prend trois formes: l'angoisse paranoïde, l'angoisse dépressive et l'angoisse de castration.)

Chez M.K, la dualité originelle des sentiments d'Amour et de Haine expose le Moi primitif immature à l'angoisse, et se traduit chez le nourrisson par des fantasmes de destruction : besoin de mordre, de dévorer, etc. (stade sadique-oral). L'aggressivité est donc conçue chez Klein comme chez Freud, comme une force radicalement désorganisatrice et morcelante.

ça : Selon Freud, réservoir pulsionnel, totalement inconscient. C'est là où se trouvent tous les désirs bruts et immortels. C'est l'envie d'avoir ce que l'on veut quand on le veut.

Moi : Selon Freud, c'est une instance qui essaye de maintenir l'équilibre de l'appareil psychique. Il est capable d'établir des relations primitives d'objet dans le fantasme et la réalité. Le Moi du nourrisson est immature, d'emblée exposé à l'angoisse et non organisé. Du point de vue dynamique, le Moi représente plus particulièrement dans le conflit névrotique le pôle défensif de la personnalité : sa fonction est de défendre le sujet contre l'angoisse de persécution provoquée par la lutte intérieure d'une part et les facteurs extérieurs d'autre part. Pour cela il met en jeu une série de mécanismes de défense, ceux-ci étant déclenchés du fait de la perception d'un affect déplaisant : le signal d'angoisse (au sens général). Le moi est à l'origine de l'introjection, de la projection, du clivage et de l'identification projective.

Surmoi : instance qui censure, juge, interdit. C'est la conscience morale et l'héritier des idéaux avec une face exigeante et une face exaltée, bienveillante et positive.

Réalité : changement de perspective dans notre vie quotidienne. La réalité impose que nous gérions les situations, les angoisses. Mais nous ne savons pas pourquoi nous sommes angoissés.

Complexe d’Œdipe : Klein diffère de Freud à ce sujet pusiqu'elle situe les premiers émois oedipiens de l'enfant dans la deuxième moitié de la première année. On a l'impression que chez Klein, tout se déroule avant 12 mois, alors que chez Freud le point nodal du développement est le complexe d'Oedipe vers 3-4 ans et que les manifestations à caractère prégénital sont des régressions à partir du complexe d'Oedipe.


Explication :

  1. D'abord l'enfant perçoit mieux la réalité externe : il commence à reconaître les personnes de façon séparée, individuelles, et ayant des relations entre elles ; et surtout il devine qu'un lien important existe entre son père et sa mère.

  2. Ensuite, l'enfant attribue par projection àses parents ses propres pulsions ; il va « fantasmer » ses parents échangeant des gratifications orales, mais aussi urétrales, anales puis génitales selon la prévalence de ses propres pulsions.

  3. Cette situation fait naître en lui des sentiments de jalousie et d'envie ainsi que des sentiments agressifs. Dans ses fantsmes, les parents sont attaqués par tous les moyens dont il dispose et il peut les imaginer détruits. Mais par introjection, il en fait une partie de son monde intérieur (i.e : « objet interne »).


Objet partiel : L'objet partiel est l'objet d'investissement des pulsions partielles et de la reconnaissance de l'objet d'amour comme personne totale et entière.Objet caractéristique de la position paranoïde-schizoïde . Le premier objet partiel ressenti par le nourrisson est le sein. Bientôt d'autres objets partiels seront ressentis, le pénis est le premier.

Bon sein / Mauvais sein : voir l'explication donnée dans l'introduction

Pulsion de vie / Pulsion de mort :

Mécanisme de défense : Processus de défense élaboré par le Moi sous la pression du Surmoi et de la réalité extérieure, et permettant de lutter contre l’angoisse. Il en existe plusieurs. Ils préservent le Moi et le protègent des exigences pulsionnelles du ça. Il faut bien différencier ces mécanismes de défense-là, qui sont d'ordre psychotique, des mécanismes de défense névrotiques contre la libido et contre le refoulement.
Les mécanismes de défense psychotiques déterminent le caractère psychotique des positions (dépressive et schizo-paranoïde) et comprennent : le déni ; le clivage ; les formes excessives de projection et d'introjection ; les identifications qui leurs sont apparentées, et l'idéalisation. Les observations cliniques de MK la poussèrent à noter l'existence de mécanismes de défense qui affectent la relation d'objet et définissent les fondements de l'identité. Elle substitua ainsi les mécanismes de défense primitifs aux mécanismes obsessionnels comme défenses caractéristiques contre le sadisme et la destructivité. Elle considérait en particulier que la projection précoce et massive (omnipotente) est une manifestation du processus par lequel le moi se défend lui-même contre l'instinct de mort (hypothèse émise par Freud)

Les deux formes d'angoisse psychotiques, dépressive et persécutive, suscitent différents ensembles de défenses dont les composantes sont les mécanismes de défense primitifs.

Les plus précoces de ces mécanismes (contre l'angoisse persécutive) comprennent l'annihilation des persécuteurs, l'expulsion, (la projection, qui inclut l'identification projective), le déni, la fuite vers le bon objet et le clivage. Les défenses maniaques, omnipotence, déni, triomphe et contrôle méprisant, sont caractéristiques de la position dépressive.

La découverte originale de MK est la méthode qui permet demodifier l'angoisse par l'interprétation directe au niveaude l'angoisse maximale, elle futdonc moins intéressée par les défenses utilisées contre l'angoisse que par le contenu des fantamses angoisants. C'était là un point de désaccord entre elle et Anna Freud, qui s'intéressa davantage aux défenses qu'à l'angoisse qui était sous-jacente.

Introjection : Le monde externe, son impact, les situations ne sont pas seulement vécues comme extérieures par le nourrisson, mais sont amenés dans le « dedans » et font partie de sa vie interne. Le bébé se familiarise avec le monde extérieur en mettant tout en bouche. Sa bouche, mais aussi ses oreilles, ses mains font « entrer en lui » l'objet de sa curiosité et « l'absorbent psychiquement ». L'introjection est la manière la plus primitive de connaître les êtres et les choses. Pour le Moi, elle consiste à considérer comme sienne une caractéristique, un trait, que le nourrisson aura perçu à l'extérieur. Il s'agit donc d'une appropriation, qui est à distinguer de l'identification, plus élaborée.

Projection : Selon Freud, la projection est un mécanisme de défense. Il s'agit d'attribuer à autrui, ou à un objet, une qualité qui est sienne. Il s'agit en général d'une particularité négative, typiquement de la haine.
La projection peut être de type plutôt
paranoïaque (délire paranoïaque) ou schizophrénique (hallucination, délire). Il s'agit d'un mécanisme psychotique mettant en jeu le processus primaire. Pour le nourrisson, toutes les sensations et sentiments ressentis comme douloureux ou déplaisants sont immédiatemment relégués à l'extérieur. La projection est la première réaction du bébé à la douleur.

Clivage : Le Moi précoce manque de cohésion. Peut concerner le moi et l'objet. Les clivages qui apparaissent plus tôt sont ceux qui se font entre le bon et le mauvais soi et entre le bon et le mauvais objet. La déviation de la pulsion de mort inclut un clivage entre la partie ressentie comme contenant les pulsions destructives et celle qui est ressentie comme contenant la libido.

Imago : Personnage interne que l’on a fabriqué. Prototype inconscient d’un personnage qui va orienter toutes nos relations par la suite. Ce qu’on pense, ce qu’on ressent d’un individu n’a rien à voir avec la réalité. Ainsi l’Imago de la bonne mère s’exprime dans le personnage de la fée, tandis que l’Imago de la mauvaise mère sera représenté par la sorcière.

Fantasme : Production imaginaire, scénario où le sujet met en scène son désir de façon plus ou moins inconsciente, selon l'effet de la censure. Sorte de « rêve éveillé », le fantasme est en quelque sorte un stade intermédiaire dans la formation du symptôme : il apporte au sujet une satisfaction imaginaire, régie par la censure et représentant conjointement le désir et la défense. Les fantasmes infantiles viennent apporter à l'enfant une réponse, imaginaire, à des questions qu'il se pose (par exemple sur son origine, ou la sexualité de ses parents).

L'identification projective fait partie des mécanismes de défense contre l'angoisse d'annihilation de la position schizo-paranoïde. C'est un fantasme issu du résultat de la projection de parties du soi (moi) dans un objet. Elle peut aboutir à ce que l'objet soit perçu comme ayant acquis les caractéristiques de la partie du soi projetée en lui, mais elle peut aussi conduire le soi à s'identifier avec l'objet de sa projection.

Déni : Terme psychanalytique très ancien que Freud, initialement, désigna sous le terme de scotomisation, et dans lequel un aspect de la perception est occulté. Il est surtout en jeu dans les défenses maniaques ,et plus particulièrement le déni de la réalité d'une certaine partie de la psyché, ou de la réalité psychique.

Dénier l'importance des objets dont le sujet dépend est un élément clé des défenses maniaques. Il intervient également dans l'idéalisation qui laisse sans défaut un objet bon, une fois qu'il a été débarrassé de ses aspects mauvais (Rosenfeld, 1983)

Défini en 1946- par MK, il est en rapport avec le fantasme d'annihilation et la perte réelle d'une partie du moi ou de l'objet (voir aussi annihilation). Dans ce sens il diffère du refoulement qui tend à être une élimination (removal) du seul champ de la conscience de la réalité de quelque événement externe ou du souvenir de celui-ci. Cependant, bien que les kleiniens aient tendance à employer le terme de « déni » et les freudiens orthodoxes à se référer au « refoulement », dans la pratique l'utilisation de ces deux termes n'est pas très claire. La distinction va se faire d'apès le degré de violence et d'omnpotence. Il se caractérise par une occulation omnipotente, sans tenir compte de la réalité tangible, tandis que, dans le cas du refoulement, la réalité externe est prise en considération.

Comme d'autres mécanismes de défense primitifs, le déni se réfère à une activité défensive précoce, primitive et de nature habituellement violente, dans laquelle le moi fait face à des angoisses psychotiques.

Avidité : Elle est fondée sur une forme d'introjection qui se manifeste avec colère .La violence de l'incorporation orale, qui présuppose l'acte de mordre, aboutit, dans le fantasme, à la destruction de l'objet. Il en résulte qu'il n'y a pas de satisfaction orale, puisque l'objet introjecté est dénué de qualités ; ou pire, il se transforme en un objet persécuteur qui se venge en réponse l'attaque sadique orale perpétrée au cours du processus d'incorporation.

Dans la position schizo-paranoïde, le monde interne peut accumuler de plus en plus d'objets persécuteurs, qui se vengent, qui menacent le sujet ; cela provoque une soif de plus en plus intense de bons objets pour soulager cet éatt interne de domination des mauvais objets et des motions haineuses et destructrice qui crée une situation d'angoisse insatiable et d' « introjection destructrice ».

Dans le contexte de l'angoissse persécutive, ce beson conduti, dans le fantasme, à des formes violentes d'introjection et à la crainte que les objets ne soient détruits à l'intérieur par les mauvais objets et les « mauvaises motions ». Ce besoin, qui génère un besoin encore plus grand, constitue l'avidité.

Il peut enrésulter une inhibition des motuions orales et une limitation de l'introjection, qui visent à épargner les objets dont on a un si grand besoin, et aboutir à une état anorexique et à une déplétion du monde interne. Cette violence introjective est une contrepartie de l'attaque projective qui survient dans l'envie, où l'objet désiré est envahi, dansle fantasme, dans un accès de violence destructrice, et détérioré ou empoisonné.

Conclusion :

C’est la façon dont la mère s’occupe de son bébé qui va sous-tendre sa relation aux autres.

Bibliographie
Envie et Gratitude, Mélanie Klein
Mélanie Klein, Dominique J.Arnoud, PUF, Coll. « Psychanalystes d’aujourd’hui »
Introduction à l’œuvre de Mélanie Klein, Hanna Segal
Le transfert et autres écrits, Mélanie Klein (inédits de M.K)
Dictionnaire de la pensée kleinienne, Robert D. Hinshelwood, PUF, [
159.092 KLE HIN]
Le développement affectif et intellectuel de l’enfant, B. Golse, 3ème édition
La psychanalyse, de Freud à aujourd’hui, Dominique Bourdin, Editions Bréal.

Tags : Psychanalyse  MelanieKlein  Winnicott  Sigmund_Freud  Clinique 

Commentaires

Bonjour, je vous mettrai l'exposé sur Melanie Klein sur cette page ce soir.

Il devrait être accessible demain, samedi 5 mai.

J'ajouterai une note en haut de page lorsque Mme Naoui aura corrigé les erreurs.

Tanguy
Bodin-Hullin Tanguy, le 2006-05-06 à 03h15
Merci beaucoup, explosé clair et détaillé!
bon courage pour les révisions
Marina Zannoli, le 2006-05-16 à 16h48

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